Q uand il y eut la fusillade à #Moncton, on s’est plaint que les grands médias n’étaient pas présents pour rétablir les faits: on s’est retrouvé à se fier seulement aux médias sociaux. «Quelle confusion!»

Avec le drame de #Ottawa, on ne pouvait pas tomber plus près des médias; il y a un journaliste à tous les mètres carrés! Et qu’est-ce que ça a donné?

La confusion a été la même.

L’arrimage des médias sociaux

Même avec des professionnels en poste, personne ne savait vraiment ce qui se passait. Il n’y avait que spéculation. Comment pourrait-il en être autrement si la police n’informe pas les médias?

La seule différence pour #Ottawa, c’est que les images étaient de meilleure qualité et en direct.

Tout le monde s’est tourné quand même vers Twitter. Même des radios lisaient les tweets en onde et la machine à rumeur s’est emballée. 1, 2, 3 tireurs?

Capture d’écran 2014-10-25 à 10.29.44

C’est que sur Twitter, on pouvait lire les tweets de ceux qui étaient enfermés dans le parlement. Et de ceux qui étaient à l’extérieur. Bien chanceux celui qui pouvaient reconstituer correctement ce qui se passait.

Avoir les grands médias au coeur de l’action n’a absolument pas changé grand-chose pendant les premières heures et la confusion a été la même qu’à #Moncton.

Il semble qu’il faut accepter qu’il existe toujours un certain laps de temps où, qu’on le veuille ou non, on est dans un vide. Et ce vide sera rempli par les médias sociaux.

L’arrimage entre les médias sociaux et les médias traditionnels, dont j’ai parlé ici sur Zéro Seconde au cours des dix dernières années, a beaucoup évolué, mais suivait une trajectoire précise: une intégration tumultueuse, mais ferme, qui relie définitivement les grands médias et les médias sociaux.

Cet espace réservé aux médias sociaux

Ce n’est donc pas le premier exemple de cette symbiose entre les deux. Ni le dernier.

Mais avec #Ottawa, nous pouvons voir l’espace incompressible où les grands médias ne pourront jamais entrer: dans les moments suivant immédiatement un tel événement.

Dans cet espace, plus ou moins long, règle le flou et la rumeur, mais aussi la vérité mélangés.

Twitter, en l’occurrence, est le seul fil conducteur, avec ses multiples points de vue, pour nous rapprocher de ce qui s’est réellement passé.

C’est un espace où nous devrons réussir à nous sentir bien. Car il sera toujours là

Apprenons tout de suite à vivre avec ça.

  1. Tout événement sera mal rapporté;
  2. Méfiez-vous des sources anonymes;
  3. Une part de responsabilité vous incombe maintenant quand vous retweetez.

Commençons par ça, ça sera déjà un bon début.

Conférencier, consultant en stratégie web et réseaux sociaux, chargé de cours. Nommé un des 8 incontournables du Montréal 2.0 (La Presse, 2010). Je tiens ce carnet depuis 2004.

Une réponse à “Quand le hashtag #Ottawa frappe au coeur des médias” Subscribe

  1. Martin Lessard 6 novembre 2014 à 12:50 #

    Pour mémoire, j’écrivais dans un précédent billet, à propos d’un événement similaire à #Moncton:

    «En général, rapidement des journalistes vont embarquer sur leurs comptes personnels et à partir de ce moment-là, en général, les rumeurs tombent.»

    «Mais l’interstice a duré plusieurs heures, le temps que les autorités et les médias entrent en jeu. Il faudra se demander éventuellement ce qui s’est réellement passé durant ce temps.»

    On peut remarquer que l’entrée en scène des médias n’est pas un gage automatique que les rumeurs vont cesser.

    Il semble qu’il existe une certaine latence où même si la machine médiatique est en marche, l’esprit journalistique n’y est pas tout à fait en place.

    Dans le cas de #Ottawa, c’est entre autre pcq les autorités n’ont pas nécessairement crû bon d’alimenter les médias pour diverse raisons, à la fois stratégique mais aussi probablement à la fois pour une d’un question de temps de latence (pour qu’ils aient la situation sous contrôle).

    Ici, l’effet que nous semblons vouloir retrouver ressemble à ces visionnements de film avec la bande son du réalisateur: on veut assister à un film commenter.

    La vie réelle est moins coopérative.

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