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Le red light d’internet

Depuis une semaine et demie, les adresses internet se terminant part .xxx au lieu des traditionnels .com ou .net sont disponibles à la vente.

Le nouveau nom de domaine, qui a été approuvé au début de cette année par l’Icann, organisme chargé de la réglementation des noms de domaine dans le monde entier, est devenu une réalité après des années de combats. 

On se rappelle que l’Icann refusait en 2006 d’ouvrir ce type d’adresse (voir mon billet). Mon avis à l’époque était: à quoi peut bien servir un tel suffixe? À part d’être une trappe à con pour faire payer toutes les grandes marques du monde pour éviter que leur nom de domaine soit squatté…
Les dessous intimes d’une adresse louche

Selon les estimations, on pense que 500 000 sites pourraient s’ouvrir avec un .xxx. Un sacré pactole.
Selon des chiffres de l’ONG Internet Engagement social et Responsable (ICSR), la pornographie sur internet génère 3000$ de revenus à la seconde (!!) dans le monde, et le terme «sexe» représente un quart des recherches les plus fréquentes sur la toile.
Premier avantage: les sites en .xxx peuvent être facilement bloqués dans les entreprises. Mais qui est encore assez con pour naviguer sur un site porno au bureau. Mais je ne crois pas que ce soit leur cible primaire.
Ça reste en fait une taxe déguisée, car les grandes firmes ont réservé leurs noms de marque et de produit pour se protéger contre les petits malins (Pepsi, Coke, Hydro-Québec).
En fait, ce qu’on risque de voir, ce sont des barrages de top domain level a un niveau étatique: certains pays vont commencer par filtrer les .xxx au nom des moeurs. Ensuite, j’imagine qu’ils auront carte blanche pour filtrer d’autre site à la pièce… 

Photo: Mark Hillary

Martin Lessard
Conférencier, consultant en stratégie web et réseaux sociaux, chargé de cours. Nommé un des 8 incontournables du Montréal 2.0 (La Presse, 2010). Je tiens ce carnet depuis 2004.
http://zeroseconde.com

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