Interface web [2] : préoccupation de l’usager

Dans le cadre d’une conférence sur l’Architecture de l’information que je donne à l’EBSI ce matin, je partage quelques idées sur l’évolution des interfaces web.


J’esquisse entre autres une hypothèse qu’il émerge en ce moment une «super architecture de l’information» qu’on pourrait définir ainsi, après discussion avec Patrick M. Loizeau comme «une approche centrée sur l’ingénierie des relations entre les diverses instances informationnelles» , de l’expérience usager (humain-machine) aux flux des communications de cybercommerce (machine-machine) en passant par des règles d’affaires (business rules).

Mais avant, je veux voir comment a évolué la préoccupation de l’interface web au cours des 20 dernières années.

Dans «Gérer l’interface web : 4 approches successives» j’émets l’idée qu’il y a 4 approches successives.

La première a été abordé hier et au fond, elle correspond à une approche naïve de tout mettre à l’écran et de laisser l’usager se débrouiller: Interface web [1]: les premiers dix ans (1990-1999)

complexité

2000-2004 Deuxième approche: Ergonomie et convivialité

Autour du crash des technos, la réflexion sur les interfaces web fut consacrée à l’ergonomie, question de mieux servir un usager moins ébahi par le fait de « tout trouver au même endroit », comme à la première époque

Quelque part entre 2000 et 2005, à tâtons au début, et de façon plus structurée par la suite, on a réfléchi à l’ergonomie des processus en fonction de l’aisance maximale des usagers.

On a eu droit du même coup à plusieurs refontes de design, enclenchées par les passages successifs du flambeau à l’interne: des webmestres aux designers, relayés ensuite par les dirigeants du marketing avant d’être évincés eux-mêmes par les gens de communication.

De toute façon, lentement et inexorablement, les stratèges ont pris le contrôle, qu’ils se trouvent aux commandes du marketing ou des communications.

Visibilité

Dans le sillage du succès de Google (1999-2000), des spécialistes en référencement («SEO») ont émergé du fond de ce qui sera appelé plus tard le « web 1.0 » pour « répandre la bonne nouvelle » : il fallait construire les sites pour les faire repérer le plus facilement possible par les moteurs de recherche (« findability »).

Sortir premier sur une recherche assurait cette visibilité numérique devenue vitale pour exister sur Internet.

En même temps ont aussi émergé les spécialistes en « convivialité », c’est-à-dire en ergonomie d’interface. Leur obsession porte sur l’expérience utilisateur et on parle d’eux comme des experts UX (« User eXperience »).

« On n’utilise une information que si on la trouve ». En premier dans les moteurs de recherche, puis sur le site. L’ergonomie et la convivialité sont devenues à ce moment des caractéristiques essentielles de tout site web.

Personnalisation

C’est aussi l’apparition de la « personnalisation » pour réduire la surcharge cognitive, des animations Flash pour « entertainer » l’usager, et du gestionnaire de contenu (CMS) pour les mises à jour plus faciles et rapides. On explorait encore pour savoir ce qui plairait le plus à l’usager, pour le garder sur son site.

Avec cette expansion chaotique, on a aussi pris conscience d’une réalité incontournable qui s’impose toujours aujourd’hui comme un jugement implacable : l’usager passe plus de temps sur les autres sites que sur le vôtre (il n’a donc pas le temps d’apprendre votre façon originale d’organiser l’information).

Une conformité aux standards qui se développent devient alors nécessaire.

Avez-vous quelques choses à rajouter ou à corriger à ce résumé?

En discutant avec Marc Poulin, il aurait tendance à faire coïncider la précédente période entre 1993 (arrivée de Mosaïc) et 1998 (livre de Morville). Ce qui veut dire que cette période-ci, dans ce billet, serait 1998-2004. J’aurais tendance à acquiescer. Mais je pense que se laisser un battement d’un an (1999) n’est pas trop exagéré…

Au prochain billet, je vais regarder l’époque 2005-2010

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Conférencier, consultant en stratégie web et réseaux sociaux, chargé de cours. Nommé un des 8 incontournables du Montréal 2.0 (La Presse, 2010). Je tiens ce carnet depuis 2004.

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