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«C’est vrai, je l’ai vu»

La « Conversation visuelle » est le nom d’une conférence de Martin Ouellette, l’esprit libre qui propulse l’agence Commun. C’est aussi un concept qu’il propose à l’ère du visuel tous azimuts: quand les mots ne suffisent plus, les images prennent le relais. C’est ce qui se passe à #OccupyGeziJe vous laisse le regarder, car ce serait dommage de résumer en mots ce qui relève du visuel.

Martin relance l’idée de l’image publicitaire en lui donnant une twist très médias sociaux. Les gens n’ont pas toujours les « mots pour le dire ». Alors ils pointent du doigt par image: «c’est ça!». Ils peuvent aussi «converser avec des images». Plus que jamais, l’image sert à passer des messages.

On pourrait penser qu’il ne fait que revêtir de nouveaux oripeaux au concept classique de l’image publicitaire.

Ce qui me semble l’élément central de son concept tient dans cette expression: «C’est vrai, je l’ai vu». Si je le vois, je le crois. Pour un peuple d’incrédules à la Saint-Thomas, Instagram, c’est la réalité.

Stratégiquement, c’est la raison pourquoi on voudrait faire de la « conversation » + « l’image », c’est-à-dire de la «conversation visuelle»: parce que la crédibilité passe aujourd’hui passe par le visuel, mais aussi par le nombre et non plus (juste) par une autorité.

« Instagramiser » ne veut pas dire « Une image vaut 1000 mots, version 2.0 »

Non, ça veut dire « 1000 images ne peuvent mentir« .

Le nombre fait foi

Selon les époques, certaines formes de communication décrivent plus adéquatement la réalité du monde. Le 19e siècle comptait sur l’écrit: la grande presse et ses reportages. Le 20e siècle proposait l’image photographique: c’était «objectivement» plus vrai à travers un « objectif ».

Au 21e siècle, avec une société de plus en plus au fait des manipulations médiatiques et des exploits de Photoshop, nous voyons progressivement dans la multiplication des sources une façon de vérifier un événement.

Probablement qu’il est difficile de se faire une idée de ce qui se passe à Istanbul et en Turquie en ce moment, mais avec les réseaux sociaux, et la multiplicité des sources, il est possible de se faire une idée de ce qui se passe. Avec les médias de masse? Impossible si vous êtes seulement nourri d’un entrefilet d’Associated Press en page 37 ou avec des images de gaz lacrymogène pendant 10 secondes au TJ.

L’image regagne sa crédibilité par le nombre de sources. Les médias sociaux sont au cœur de la contestation en Turquie (lien audio sur Soundcloud) comme le rappelle Alain Gerlache sur RTBL.

L’image au coeur du flux

Les organisme qui veulent crédibiliser une caractéristique de leur produit/service/événements (c’est bon, c’est beau, c’est cool, c’est populaire, c’est…) vont alors tenter de le faire par la «conversation visuelle».

Stratégiquement, ce n’est pas dans le choix ou la création d’images que se trouve la valeur du concept de « communication visuelle » mais bien dans la réflexion stratégique de vouloir « imager quelque chose qui ne se dit pas« .

En marketing, si votre produit est le fun, laissez vos clients le montrer (et peut-être que je vais l’acheter). Si votre personnel est joyeux, montrez-le-moi (et je vais peut-être vouloir travailler chez vous).

Le visuel est peut-être le langage le plus adapté au flux permanent du «maintenant» médiatisé dans les réseaux. Le texte, c’est pour les archives!

On n’a pas attendu Martin Ouellette pour mettre des images dans nos pubs, nos événements, etc. Mais on sait maintenant pourquoi c’est important: «C’est vrai, je l’ai vu».

À voir : Conversation visuelle par Commun sur Vimeo.

Note: Martin y croit tellement qu’il offre à la première marque de CPG, de produit de consommation courante, un essai gratuit. À qui la chance?

À lire sur Zéro Seconde, dans la même veine, où je m’interrogeais sur les nouveaux types de communication de masse :

Martin Lessard
Conférencier, consultant en stratégie web et réseaux sociaux, chargé de cours. Nommé un des 8 incontournables du Montréal 2.0 (La Presse, 2010). Je tiens ce carnet depuis 2004.
http://zeroseconde.com

3 thoughts on “«C’est vrai, je l’ai vu»

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