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Intention d’achat: Facebook fans versus Twitter followers

Une étude américaine montre que les usagers de Twitter qui suivraient une marque sur ce canal sont deux fois plus prompts que sur Facebook à dire qu’ils achèteraient de la marque en question. Et au contraire, les gens de Facebook sont plus nombreux à dire qu’ils n’achèteraient pas. Un abonné à votre «newsletter» se retrouve quelque part entre les deux.

Donc, si on se fie à cette étude, et si les chiffres américains peuvent s’appliquer à d’autres régions, on peut dire qu’un «follower» Twitter de votre marque est plus enclin à acheter chez vous qu’un autre sur Facebook qui vous «like» ou qui serait abonné à votre bulletin.

Intention d’achat

eMarketer partage quelques statistiques dans un article hier «Are Twitter Followers Better Than Facebook Fans?» où on apprenait que 37% des gens qui suivent un compte Twitter d’une marque (contre 27% pour Facebook et 17% pour la bulletin) se disent prêt à acheter.

eMarketer

Ce sont les fans de Facebook qui sont le moins d’accords (49%) quand on leur demande s’ils seraient enclins à acheter. Un fan, finalement, n’est pas si admirateurs que ça. À ce compte, mieux vaut une bonne grosse base de courriels (27% sont d’accord pour dire qu’ils sont plus enclins à acheter contre 32% qui sont en désaccord).

Intention de recommandation

Dans l’étude, faite en février 2010, les auteurs montrent que c’est aussi du côté de Twitter qu’il y a plus de chance de voir votre marque se faire recommander (33% pour Twitter contre seulement 21%).

eMarketer

Nuances

L’étude de ExactTarget semble donc monter que Twitter serait plus attirant dans une perspective marketing. Mais il faut se rappeler que Twitter a une beaucoup plus petite base de membres que Facebook. Probablement que dans le volume, Facebook rapporte en valeur absolue plus d’adhérents à votre marque. Mais d’un autre côté, Twitter est composé davantage d’influenceurs que Facebook, qui serait lui plus «mainstream», souligne l’étude.

De plus, il faut faire attention, on parle ici d’intention. Les fans Facebook sont souvent, précise le rapport, selon eMarketer, déjà des fans dans la vraie vie et que le «like» n’en serait que le reflet: il leur serait difficile d’augmenter davantage leur achat ou de recommander davantage qu’ils ne le font déjà.
Ceux qui me suivent sur Twitter se rappellent le lien vers une autre partie de cette étude qui donne les motivations de devenir fan sur Facebook d’une marque.

eMarketer

Dans l’article «The Thin Line Between Liking a Brand and Liking Its Social Marketing» eMarketing montre que les motivations pour appuyer sur «like» dans Facebook varient beaucoup et il est donc illusoire de penser que la conversion est de 100%. C’est par contre une façon pour l’usager de monter son intérêt pour la marque comme une façon de s’exprimer dans son réseau social.

Dans le même article, pour mémoire, l’étude montre, pour les internautes américains les principales raisons d’utiliser Facebook en général. Toute génération confondue, les deux principales raisons sont celles-ci:

(1) Pour maintenant ses contacts personnels et
(2) reconnecter avec d’anciens amis ou qui habitent loin

Les 15-17 ont tout de même aussi une préférence pour «se maintenir au courant de son réseau social», besoin qui diminue grandement avec l’âge (diminuant de moitié) peut-être parce que justement les gens au travail et établis dans la vie ont accès à une vie sociale étable hors ligne amplement satisfaisante et que Facebook ne serait que l’appoint.

Martin Lessard
Conférencier, consultant en stratégie web et réseaux sociaux, chargé de cours. Nommé un des 8 incontournables du Montréal 2.0 (La Presse, 2010). Je tiens ce carnet depuis 2004.
http://zeroseconde.com

6 thoughts on “Intention d’achat: Facebook fans versus Twitter followers

  1. Bonjour,

    le comportement du « consommateur » de produits ou d’idées n’est pas tout à fait le même sur Facebook et Twitter. Cela tient à l’outil lui-même. Twitter est plus intime, Facebook plus « collectif ».
    Dans l’intime, on va plus facilement affirmer ses convictions qu’en public, c’est une loi sociale universelle.

    Ce qui me gêne dans cette étude, c’est qu’on parle de marque et non de produits particuliers d’une marque. Or, vous pouvez adorer une marque, mais ne pas vouloir en acheter certains produits. Moi, par exemple, je suis une fan de la maison Hermès, joyau français de la sellerie et maroquinerie. Si j’avais les moyens de m’acheter un sac Hermès, je prendrais un « Kelly » rigide, parce que le Kelly est une véritable « arme de guerre » pour femmes actives, mais pas un « Birkin », trop grand, trop mou, impossible d’y retrouver son PDA et ses notes en même temps.
    Je ne donnerai donc jamais d’intention d’achat pour un Birkin, en revanche pour un Kelly, oui, que je recommanderai chaleureusement.

    Il me semble qu’il faut analyser les choses plus finement. Dommage qu’une telle étude ne se fasse pas en France.. Que font nos brillants cerveaux ?? :-))

    Bénédicte Poinsard
    ATTITUDE RESEAU
    10 ans d’observations des communautés virtuelles
    Thésarde à l’ENS, si l’ENS veut de moi, sinon j’irai ailleurs :-(((
    Twitter : bpoinsard

  2. Bénédicte, je suis étonné que l’on accorde à Twitter l’étiquette de «intime» et Facebook de «public». À moins de protéger son compte sur twitter et d’accepter tout le monde sur Facebook, la perception qu’on a des deux plateformes est généralement l’inverse.

    Il me semble à mon avis que Twitter est un réseau foncièrement asymétrique (le nombre de gens que l’on suit est différent du nombre de gens qui nous suivent) et donc favorise un parole publique). Facebook est symétrique: vous ne suivez que les amis qui vous suivent (l’accord doit être réciproque).

    Donc, Twitter ressemble plus à un espace public et Facebook à un espace intime.

    Mais sur le fond de votre commentaire, vous apportez un bon point. Parler de marque et parler de produits est très différent. Je ne sais pas si l’étude en question ventile davantage les résultats. Ça n’explique pas par contre la différence notable entre les membres Facebook et Twitter.

    Il me semble que cela à un rapport avec le type d’ouverture du réseau (symétrique et asymétrique) qui attire peut-être une catégorie de gens particulier, ce qui se reflète dans leur «intentions d’achats»… (grande gueule versus timide? tonitruant versus discret? m’as-tu-vus versus authentique?)…

  3. Martin,
    quand je parle d’intime ou de collectif, je parle de ressenti et non d’exposition objective.
    On se lâche plus facilement sur Twitter, car le ressenti est celui d’une plus grande intimité (surtout chez les influenceurs). Cel tient, je pense, au fait que, pour le moment, il n’y a pas d’images directes. On se concentre alors sur un message qui est, de plus, raccourci. Cela apporte une plus grande concentration, un peu comme dans les chats à deux. Je maintiens : la sensation est plus intime. Le « frémissement » du buzz qu’on sent sur Twitter lors d’une évolutiojn d’opinion est incomparable. Il faut l’avoir vécu pour le comprendre. J’ai d’ailleurs la preuve de ce que j’avance, ayant constaté que les mêmes personnes se lâchaient plus sur un forum Web 1,5.0 de type Twitter que sur Facebook, lors d’une migration de communauté.

  4. Bénédicte, le fait que ce soit des courts textes (140 car.), que le suivi des conversations soit difficile (c’est dur de remonter une conversation) et que l’archivage est impossible (Twitter ne donne pas accès à plus d’une ou deux semaines de tweets) peut donner l’impression que c’est intime, j’imagine. Est-ce que ça serait un peu comme parler à voix haute dans un espace public (en marchant sur le trottoir) ? on a comme une bulle d’intimité dans la foule?

    Pour ce qui est de facebook, je crois que depuis que l’on sait qu’il n’y a pas de véritable intimité (ou plutôt de fausse intimité), on se retient probablement plus. «L’objet» central dans FB c’est carrément la personne. La conversation n’est qu’un attribut. Dans un forum, c’est l’inverse…

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