Twitter en temps de guerre

Jeudi j’ai écrit sur mon autre blogue, qu’on pourrait s’attendre normalement à ce que des opérations militaires soient lancées dans le plus grand secret, mais que ce ne semble plus être le cas avec le Tsahal et son opération #PillierDeDéfense.

La logique de la propagande semble plutôt aller très bien avec la « transparence » du «web 2.0»

L’armée israélienne avait invité les gens, dans leur communiqué de presse au tout début de l’offensive,  de suivre  « à la source »  le déroulement des opérations et on n’est pas déçu: leur compte Twitter et Facebook était mis à jour avec les derniers développements et indiquant même qui était la cible visée (Ahmed Jabari pour ne pas le nommer).

Comble de transparence, le gestionnaire de communauté a mis sur YouTube une courte vidéo de 10 secondes (elle a été retiré depuis) où on voit la voiture du chef de la branche militaire du Hamas littéralement exploser sous nos yeux.

Je dis « gestionnaire de communauté », mais je me demande si le terme dans dans ce contexte ne cache pas plutôt un « relationniste de presse » ou même un « agent de propagande ». Les cyniques diront qu’il n’y a pas de différence.

En temps de guerre, Twitter ou pas, la vérité est toujours la première victime…

N’empêche. Du côté palestinien, ils ont a réagi rapidement en créant un mot-clic #GazaUnderAttack  et Israël ensuite réagi en créant un autre mot clic #IsraelUnderFire pour lister toutes les roquets que le Hamas leur envoi sur la tronche.

Twitter offre une puissante façon de vivre le conflit en direct. Les deux côtés comptent sur le fait que, dans le feu de l’action, les gens vont s’indigner et prendre leur parti.

La pompe à propagande est amorcée, car il n’y aucun moyen de savoir si les faits de parts et d’autres sont réellement dus aux attaques récentes ou non…

C’est une réelle guerre de l’opinion publique se joue dans ces échanges par médias sociaux interposés. Maintenant, les acteurs militaires eux-mêmes sont conscients d’utiliser les médias sociaux comme arme de communication massive!

Il y a sur le web, des gens qui suivent ces « scoops », qui se tiennent informé «à la source même». Les belligérants s’adressent à eux. On ne peut juste qu’espérer qu’ils soient assez éduqués pour faire la différence entre une vraie information et de la propagande…

Twitter, dans ce cas, n’est qu’un simple tuyau. Mais être en ligne en premier permet de répondre et d’orienter les discussions, car on peut introduire le « bon vocabulaire » (qui est un terroriste, qui est une victime) et on peut pointer vers des documents de références.

Et vous qu’en pensez-vous? Est-ce que la guerre via les médias sociaux peut aboutir à quelque chose? Est-ce que les gens liront vraiment ce qui est diffusé ou se cantonneront-ils dans leur position? Être le premier à live-tweeter une attaque que l’on commet change-t-il quelque chose?

Plus d’info: La guerre par médias sociaux interposés sur Triplex

Conférencier, consultant en stratégie web et réseaux sociaux, chargé de cours. Nommé un des 8 incontournables du Montréal 2.0 (La Presse, 2010). Je tiens ce carnet depuis 2004.

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